Compostage de proximité en bac

Cette démarche de gestion locale des biodéchets est cruciale pour réduire le poids des ordures ménagères. En effet, il représente 30% du contenu de nos poubelles. Il permet également d’assurer un retour au sol de la matière organique !

La loi de transition énergétique pour une croissance verte établie qu’en 2025 tous les biodéchets devront être triés à la source et valorisés ! Cela signifie donc qu’aucun biodéchet ne pourra plus être jeté à la poubelle. Cette disposition concerne tous les producteurs de biodéchets, et donc tous les citoyens. Le compostage de proximité est une solution simple, écologique, efficace et peu couteuse pour atteindre cet objectif. Par ailleurs, un texte européen réduit ce délai à 2023.

Pour les gros producteurs de biodéchets (plus de 10 tonnes annuelles) ils sont déjà dans l’obligation de les valoriser depuis 2016.

Le compostage de proximité permet de gérer 1T de biodéchets par semaine, soit 52T par an.

Le compostage domestique en bac

C’est l’un des procédés les plus connus du grand public. Il s’agit d’un bac prévu pour gérer les biodéchets d’un foyer de façon autonome. Il est installé dans le jardin. La capacité du bac varie entre 400, 600 et 800L.

Procédé : les personnes du foyer remplissent le bac avec leurs biodéchets bien découpés, en complétant régulièrement par des apports carbonés (broyat, feuilles mortes, branchettes, cartons bruns, etc…). Il est indispensable de brasser régulièrement le compost pour faire entrer l’air. Si les apports ne sont pas trop importants, le bac se remplira en un an environ.

A la fin de l’année, soit on récupère le compost mûr (de 6/9 mois minimum) à travers une trappe dans la partie basse, soit on procède en 3 étapes :

  • On ouvre le composteur, on retire la moitié supérieure du tas qui est encore peu décomposée (ce qui permet de brasser à nouveau les matières)
  • On récupère le compost du fond du bac (en le vidant dans une brouette par exemple) pour l’utiliser en tant que compost mûr.
  • On replace le premier tas (compost semi-mûr) dans le composteur pour le laisser passer encore 6 mois. On complète avec les apports frais par dessus ce mélange de compost semi-mûr, et on renouvelle l’opération dans 6 mois.

Ainsi le composteur n’est jamais vide !

 

Le compostage partagé (en pied d’immeuble ou de quartier) en bac

Cette méthode se développe de plus en plus, particulièrement dans les milieux urbains. Elle est maintenant encadrée par un arrêté ministériel datant du 9 avril 2018.

Ici, on prévoit au minimum 3 bacs de compostage : un pour les apports frais, un pour stocker la matière sèche et le troisième pour les matières en maturation.

Les composteurs proposés sont souvent en bois ou en plastique, d’une capacité entre 600L et 800L. Les consignes sont les mêmes que pour le compostage individuel : des apports variés et coupés en petits morceaux, (la viande, le poisson et les laitages doivent être apportés avec soin, en fonction des consignes de chaque site), un respect de l’équilibre carbone – azote (2/3 de déchets frais pour 1/3 de déchets secs ou bruns) est primordial.

Lorsque la cellule d’apports est pleine, on procède à une vidange et un retournement du tas qui ira alimenter le bac de maturation. De cette façon les apports seront à nouveau bien mélangés pour permettre la montée en température, et éviter les zones de compost trop sec (arrêt du procédé de décomposition) ou trop humide (phénomène de pourriture). Dans ce troisième bac les matières resteront quelques mois pour subir les décompositions froides avec la présence d’insectes décomposeurs (notamment les vers de compost). Si les apports sont trop importants on peut rajouter un ou deux bacs supplémentaires ou de plus grande capacité.

Cette méthode de gestion locale des biodéchets, facilite la création de lien social et redynamise l’espace du quartier où est implanté le composteur. Il permet également de gérer localement les biodéchets et de retourner l’humus produit au sol, en local. Afin de mener à bien de tels projets, il est indispensable d’être accompagné par une association, un maître composteur… Par ailleurs la collectivité doit également être informée et associée à cette démarche, elle peut, dans de nombreux cas, proposer un accompagnement, un financement…

Le compostage en établissement, en bac

Il s’agit ici d’un traitement de plus gros volumes par et pour les professionnels. Ils seront tous concernés par l’obligation de trier et valoriser leurs biodéchets d’ici 2023. Cependant les producteurs de plus de 10T sont déjà contraints à cette obligation depuis 2016.

Il peut s’agir de cantines, restaurants d’entreprises, scolaire, EPHAD, hôpitaux, établissements touristiques,etc.. Sur ces sites de compostage beaucoup de restes alimentaires et de déchets de préparation composent les biodéchets. Les déchets cuits se décomposent plus vite mais demandent plus d’attention et de suivi pour éviter les risques de mauvaises odeurs liées au manque d’oxygène de la décomposition. Les restes crus sont plus faciles à traiter mais demanderont plus de temps. Les montées en température, sur ce type de site accueillant beaucoup de matière (comme les sites de compostage partagés) peuvent atteindre les 80°C lorsque les apports sont bien mélangés, ce qui facilite le processus d’hygiénisation.

Dans cette pratique de compostage, l’accompagnement d’un professionnel est également indispensable pour s’assurer de la réussite du projet. La gestion peut être faite par le personnel de l’établissement, suite à une formation.