Rencontres 2010

rencontres 2010
Compte-rendu des Rencontres 2010
En 1999, le deuxième forum national sur les jardins partagés se clôturait à Nantes sur l’idée que le BIO dans nos jardins est la réponse à des aspirations individuelles et collectives de goût retrouvé, de plaisirs partagés et de savoirs échangés. Ces aspirations simples font parti des clés d’une dynamique collective et sont porteuses d’un modèle particulier de société.
Onze ans plus tard, il est presque « naturel » que les premières rencontres sur le compostage citoyen se tiennent à Nantes. Dans la région et dans le même esprit, des citoyens, des associations s’organisent pour valoriser ces déchets organiques que l’on gaspille sans connaître leur richesse. Portés par le même enthousiasme du vivre ensemble, ces groupes portent l’innovation dans toutes leurs actions; ils explorent avec rigueur le domaine technique et cultivent avec entrain le champ du social. Des « installations » se mettent alors en place: le mot déchet disparaît, il ne reste que l’organique. Les deux journées de ces rencontres organisées par le Réseau Compost Citoyen, se sont déroulées en présence de près de 150 personnes dans un climat détendu où le désir d’échanger et de glaner des informations était palpable. Heureusement, les ateliers, les interventions et les visites ont permis aux participants de s’exprimer et de découvrir différentes expériences en France, en Angleterre ou en Belgique.
Un constat
Le premier constat de ces rencontres est évident: il existe un véritable mouvement en France autour du compostage de proximité. Acteurs publiques ou privés, élus, particuliers ou professionnels … provenant de toutes les régions, se sont retrouvés pour affirmer ensemble l’intérêt de la valorisation des biodéchets en adoptant une démarche locale, collective et participative ou individuelle.
 
Deux principes
Durant ces deux journées, à travers les échanges et les interrogations, deux principes se sont affirmés très clairement comme deux piliers inébranlables du compostage citoyen :
1 – La valorisation des résidus organiques: ces résidus ne deviennent des déchets qu’à partir du moment où ils sont abandonnés à l’incinération, à l’enfouissement. Ces deux dernières méthodes de traitement des déchets organiques, non contentes de détruire les richesses des matières considérées, sont néfastes pour l’environnement et extrêmement coûteuses. La valorisation n’est possible que si les résidus fermentescibles ne sont pas mélangés avec des déchets.
2 – La proximité: la valorisation in situ est la meilleure réponse aux exigences énoncées précédemment. Limitation des transports, installations à taille humaine sont des conséquences techniques avec des avantages écologiques et économiques. En terme social, la valorisation sur place induit une nécessaire appropriation des techniques, une responsabilisation face aux déchets donc une acceptation de notre rôle pour l’amélioration du cadre de vie.
Trois axes
L’effervescence et l’enthousiasme qui ont accompagné ces deux journées ont rendu les débats très riches. Le temps est parfois vécu comme une contrainte. De nombreuses questions sont soulevées et restent en suspens. C’est aussi l’objectif de ces rencontres. Trois axes de réflexion peuvent être dégagés :
1 – Le compostage citoyen: une démarche au-delà des déchets Composter des déchets sur une grande plateforme n’est finalement qu’une histoire de flux de matières. Composter chez soi ou entre amis, dans ses petits souliers ou en grande pompe, en petit comité ou en grande communauté, le compostage citoyen participe d’une démarche beaucoup plus large que le traitement des biodéchets. Lien social, formations, échanges de savoirs faire, valorisation de personnes en exclusion, fleurissement du cadre de vie, jardinage biologique, partage de responsabilités, convivialité … la liste est longue,infinie même, puisque la démarche
citoyenne réintègre le déchet au coeur de notre fonctionnement quotidien, l’accepte et la valorise dans notre environnement immédiat. Comment mettre en avant cette dynamique pour dépasser les problèmes juridiques ou les arguments économiques ?
2 – Une alternative aux techniques industrielles
Les techniques de compostage de proximité ne sont pas l’apanage de quelques pionniers du jardinage biologique. Elles sont accessibles à tout le monde et peuvent s’adapter à des contextes très variés dès lors que les acteurs concernés s’approprient les projets de compostage. Les possibilités deviennent infinies. Il devient évident que le compostage citoyen peut s’imposer comme une alternative plausible aux techniques de traitement centralisé, permettant une valorisation de qualité à des coûts compétitifs.
Comment mesurer les impacts d’une gestion locale des biodéchets ?
Comment tisser un réseau en toile d’araignée permettant le partage d’expériences ?
3 – Un accompagnement nécessaire pour faire émerger les projets
Remettre l’individu au coeur de la société (au lieu de l’argent), c’est en finir avec la question du bénévolat. Une personne qui s’investit dans son quartier, ce n’est pas un bénévole qu’on exploite, c’est un citoyen qui prend sa place. Pour répondre aux enjeux de la valorisation des biodéchets à l’échelle nationale, les citoyens doivent pouvoir être accompagnés par leur collectivité et/ ou par des professionnels. L’objectif est double:
· pour garantir la réussite des projets de compostage de proximité
· pour faire émerger de nombreux projets sur tout le territoire
Quels sont les outils à développer ?
Quelles actions pour faire émerger les projets ?
Conclusion
En conclusion, ces rencontres ont fait date dans l’histoire du réseau Compost Citoyen qui a reçu l’adhésion de nombreux (combien?) nouveaux membres. Les enjeux qui s’ouvrent à lui sont importants et sa force sera de répondre aux questions soulevées lors de ces rencontres grâce notamment à l’échange et au partage, un de ces atouts majeurs étant justement l’action. Sous ses dehors individualistes, la société est en attente de recréer des liens fort entre les citoyens, de construire des repères en s’attachant à résoudre (réfléchir sur) les problématiques de son temps.