Synthèse d’ambiance

La première jounrnée des 2ème Rencontres Nationales du réseau Compost Citoyen a été conclue par une Synthèse d’Ambiance écrite grâce aux mots, aux interventions, aux coulisses, aux débats des participants. 
Il était une fois des bio-déchets qui avaient envie d’avoir une autre vie, une nouvelle vie, bref une autre réputation. D’abord l’idée de changer la forme sans changer le fond, car au fond le bio-déchet, comme son nom l’indique, c’est un déchet en vie, plein de vie, bio quoi !!!! Changer le nom ! Du Déchet devenir Résidu. Du Résidu devenir Matière. De Matière être Organique. Les deux jumelés ; ça donne Matière Organique, c’est tout de même mieux que Ordures Ménagères ! Non ? Quoique ! Si l’on prend les initiales très souvent employées, ça donne OM, soit ÖM… OM tiens donc… OM = HOME = HOMME. Ça y est ; c’est introduit, l’homme est au cœur de la matière organique. Le ton est donné : Dans le Complexe-Argilo-Humanique l’Humus fait l’Homme. Humus même racine que Humanité. Donc le compost fait l’humus et par ricochet l’homme s’il fait du compost, fait de l’humus lequel enfante l’humanité. Comme dirait, M. Renard Vice-Président de Conseil Général de la Gironde, c’est hautement philosophique, et ça n’a rien d’une vile culture hydroponique où le hors sol est hors sujet. Revenons au sujet : le Compost. Étymologiquement, le compost provient de la Compote ; assemblage et mélange de bonnes choses en cuisine. Et voilà, c’est reparti dans la métaphore du compost et de la cuisine. Certains parlent d’aliment de la Terre, alimentaire mon cher Watson, puis vint un cycle compost + humus, agriculture durable, nourritures, déchets organiques en compost. La boucle est bouclée, alors faut-il pour autant se la boucler ? Non ! Faut casser les représentations, retrouver les cycles naturels, prendre la vie en main. DEFORMER … Pour former différemment selon le désir de bien faire, de faire ensemble. On devient Guide en un jour, on s’élève en Maître en trois jours, pour de toute évidence finir Ambassadeur. Que de grands titres n’utilise-t-on pas pour causer de ces bio-déchets si malmenés depuis des décennies. Comme quoi, c’est « excrêmement » important de savoir que les déchets doivent devenir sexy, que dis-je glamour. Mieux, ça valorise les personnes, mais c’est génial ! En plus qui dit Compost, dit politiques du territoire, politiques sociale, environnementale, et économique. On revient de loin… de ces peurs d’odeurs, de moucherons, de jus peu ragoûtant, de dépôtoire…
Le compost à pignon sur rue, plutôt sur jardin car s’il conduit à un humus stable, il faut qu’il soit partagé. Partagé entre les immobilistes, égoïstes, jardiniers, écolos, philosophes. Le compost se jardine. Le jardin se composte. Tout est imbriqué, tout s’articule, tout se partage. Et comme la marmite boue par le fond, c’est bien en mélangeant la matière que la compote se fait et que tous ensemble on s’en délecte. TOUS ENSEMBLE !! FAIRE ENSEMBLE ! LE COLLECTIF qui selon comment on se place, c’est faire ensemble ou bien fait en collectivité laquelle impulse de faire ensemble. Vous suivez ? D’un mot l’autre, on est d’accord sur la RESPONSABILISATION, cette fameuse bonne gouvernance.
Et hop ! Si on mélange en compote la matière économique, sociale et environnementale, on en vient au……….. au développement durable.
Alors telle l’influence de la Lune, on parle de flux : flux évités, flux détournés, reflux stratégiques pour éviter qu’on s’ensable, que l’on s’envase dans les échecs du compostage autonome, semi-collectif et collectif. Il faut, en la matière, s’organiser, maîtriser et rendre vivant en suscitant le Désir. Si au début l’enthousiasme gonfle le soufflet, ce dernier peut aussi rendre son souffle très vite, confronté aux réalités du terrain. Il y a des passages d’examens, des confrontations pacifiques, échafauder des plans pour prévenir des dérives. Se donner les moyens, tout en ayant les pieds sur terre. La TERRE, la voici, cette peau si fine à laquelle l’humanité est rattachée, enracinée. Le compost amende, nourrit le sol, permet de redonner vie à ce sol tant déconsidéré depuis des millénaires. On nous a appris à lever les yeux au ciel pour célébrer la vie et à fouler le sol, lieu des ténèbres pour échapper à la mort. Aujourd’hui l’effet papillon est inversé ; la biologie du sol fertilise nos aliments, oxygène l’atmosphère, piège le carbone et du ciel, le nôtre, tout se lie à la Terre ; et si nos anciens ont nommé la planète Terre c’est bien pour frapper les esprits que la terre, donc notre sol enrichi par le compost – véritable matière organique issue de la biomasse- est tout aussi important dans le cycle de la vie que l’air et les océans. Qu’il n’y a de fertilité que dans le respect des cercles vertueux qu’offre la nature. Et le compost lie l’humus à la chaîne du vivant du sol. Le sol est donc un SOLeil, loin des ténèbres mais plein de lumières microscopiques. Ouf ! Que de panache, qui aurait cru que le compost suscite tant d’emportements ? Mais attention au trop d’enthousiasmes. Car notre civilisation agraire a oublié les fondamentaux ; on s’intéresse aux plantes transgéniques ; on brevette à tour de bras ; on stérilise, imperméabilise, déstructure les sols. Les villes n’ont plus leur ceinture maraîchère, on lessive, on nettoie, pour garder notre amour propre. On aseptise pour éviter le pathogène. On a peur de ne pas connaître alors on tue systématiquement.
Et qui connaît le compost qui amende le sol ???? Les guides, les maîtres, les ambassadeurs, les jardiniers et surtout les motivés, militants de la cause.
Et peu importe d’où l’on vient. De l’informatique au compostage, quand on y pense les deux sont binaires, puis les deux forment des réseaux, puis les craintes sont les mêmes : problème de souris, de puces… Quelle vie trépidante !!!!
Oui mais le compostage n’est pas un métier, même si le compostage tisse en entrelacs sur le métier des fils pour tricoter un nouvel habit, une nouvelle peau… la Terre… le Sol… pour mieux les protéger, pour mieux se protéger.
Et puis, une fois que l’on a bien les pieds sur terre et la tête dans les nuages, on se lâche à travers des fêtes, des animations, des apéro-compost été comme hiver autour de Mamie soleil pour réchauffe l’atmosphère. On s’attire même avec du Tiramisu. On est à fond tout le temps juste pour garder vivante la dynamique du groupe. Et c’est JUBILATOIRE !!!
On fait des lasagnes qui compostent ou compotent, couche sur couche, pour arriver à une litière, véritable matelas du mieux vivre ensemble. En pied d’immeuble, au sein d’un quartier, en jardin public ou partagé, sur les trottoirs, dans son potager. Puis on cause collemboles, eisénias, myriapodes, larves de mouches soldat, de cétoines, des genres de gros mots pour les non initiés. Et les non-initiés sont légion, car encore une fois qui connaît véritablement le fonctionnement du sol en vie, du compost en décomposition ??? Mais voyons, me souffle-t-on, profane que je suis, il existe un RESEAU et de plus CITOYEN…. Un maillage dans la CITE. Un conglomérat organique pour le droit au compost pour tous. A quand une Université Populaire du Compost, après celle de la permaculture et du jardinage ? A quand une journée, que dis-je, une semaine dédiée aux Sols Biologiques ?
Puis viennent les projets, on parle alors d’objectifs, de méthodes, de mobilisation, de concertation, d’acteurs, d’usagers, de pédagogie. Poser un cadre et le respecter telle la mise en place d’une compostière. Puis on s’interroge, comment motiver, comment ça marche, Pourquoi ? Pour qui ? Où ? Comment ? Une réponse tombe : être accompagné, savoir animer, tendre vers l’autonomie, voire l’autogestion, co-produire, bénévolat, professionnels, élus, techniciens, administrés, mais au fait tous ceux-là sont des HABITANTS et donc de futurs usagers ! Alors ! Alors quoi ? Valorisation, qualification du cadre de vie, re-fertilisation des sols, mise en réseau, alimentation saine, accueil qui monte en température, et hop ! afin de ne plus broyer du noir, broyons le vert et le brun, aérons-nous, sachons nous mouiller, allons-y !
Rien n’est dégradant, le compost est aggradant,
Rien n’est régression, le compost est progression,
Rien n’est passéiste, le compost a de l’avenir.
Et en creusant, on entend ici et là, toilettes sèchent qui deviennent des toilettes à compost, puis vermicompost, cette usine d’invertébrés qui digèrent et restituent ce compost si riche, ce jus si nourrissant…. Ah ! les vers, et les composteurs qui élèvent les vers, font des mains et des pieds pour créer des vers. Mais alors un composteur qui fait des vers, ne serait-ce pas un poète ? La POESIE, rendez-vous compte depuis ce matin, partis des bio-déchets pour nous plonger dans la poésie. La vie est trépidante !
Et quand les vers se lâchent ; ça donne :
C’est un tas de feuilles et d’herbes,
Jonchant le sol, esseulées,
Attendant d’être mouillées
Pour finir en humus superbe.
C’est une corbeille d’épluchures,
Mariée à quelques cartons,
Suscitant la passion,
Sur une litière de levures.
C’est un compost fertile
Issu d’un beau mélange,
Éloigné d’une odeur de fange
Et si proche du liseron volubile.
Alors germe un jardin
Où naissent dans les choux,
Des plaisirs les plus fous
Par un réseau citoyen.
Laissons les vers finir de composter et finissons par le début de ce séminaire en lançant à la cantonade : L’humus fait l’homme et réciproquement, et VIVE LE COMPOST…


Franck DAVID le 15/4/2011