À quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars prochains, et deux ans après l'entrée en vigueur de la généralisation du tri à la source et de la valorisation des biodéchets, le Réseau Compost Citoyen publie un Manifeste soulignant les résultats encore insatisfaisants en la matière et formulant des propositions pour agir.
Le Réseau appelle les candidat-es et élu-es des 34 746 communes, 1254 intercommunalités et 306 syndicats de déchets à s’engager en faveur de la réduction des biodéchets et de leur compostage de proximité, déjà adopté par 19 millions de Français·es.
La campagne du Réseau Compost Citoyen se poursuivra après les élections, pour accompagner les collectivités à mener des actions ambitieuses.
Une démarche créatrice de valeurs sur les territoires
Si l’on cessait tout gaspillage alimentaire à domicile, et que l’on compostait les restes alimentaires et les déchets verts encore présents dans nos poubelles grises, on pourrait produire chaque année 2,5 millions de tonnes de compost, de quoi nourrir les sols des jardins de 5 millions de Français ! [1]
Cadre de vie, maîtrise des coûts, agriculture locale, emplois, vivre ensemble, démarches pédagogiques…
Déployer le compostage de proximité, la prévention du gaspillage alimentaire, ou encore une meilleure gestion des déchets verts, c’est créer de la valeur environnementale, économique et sociale pour les territoires, et répondre aux attentes des Français·es.
Une démarche en trois volets :
- La prévention : “Le meilleur déchet, c’est celui que l’on ne produit pas” : réduire le gaspillage alimentaire, mieux gérer nos espaces verts, c’est préserver nos ressources, limiter les pollutions et favoriser le pouvoir d’achat.
- La transformation des biodéchets restants à l’endroit où ils sont produits par la gestion de proximité : le compostage individuel, le compostage partagé (en quartier, en pied d’immeuble), le compostage autonome en établissement, ou encore certaines techniques comme le broyage et le paillage des déchets verts.
- Le retour au sol de ces matières organiques dans les parcs, jardins, ou les sols agricoles permet de nourrir les sols et de favoriser les services écosystémiques qu’ils nous rendent. Le compost, par exemple, est un amendement de qualité.
🔎 Les réponses aux problématiques des territoires apportées par la gestion de proximité des biodéchets sont détaillées dans notre Manifeste.
Deux ans après l’entrée en vigueur de la Loi AGEC, le compte n’y est pas
Depuis le 1er janvier 2024, la loi “Anti-Gaspillage Économie Circulaire” (AGEC) [2] prévoit que toutes les collectivités doivent proposer une solution de tri à la source et de valorisation des biodéchets (restes de cuisine et de table, déchets verts) gérés par le service public (déchets des ménages, déchets des professionnels dits assimilés). Les producteurs de biodéchets professionnels, publics ou privés, dont les déchets ne sont pas gérés par le service public, sont également soumis à cette obligation.
L’accès à des solutions de tri à la source n’est pas satisfaisant : en 2025, seuls 50% des Françai-ses avaient accès à une solution de tri à la source de leurs biodéchets [3], malgré la généralisation du tri et de la valorisation depuis le 1er janvier 2024.
Même si des progrès sont observés, trop de biodéchets sont encore non triés et incinérés ou mis en décharge, générant des coûts et des pollutions. En France métropolitaine, nos ordures ménagères résiduelles, c’est-à-dire nos poubelles grises, contiennent encore 71,2 kg de biodéchets par personne chaque année [4] sur les 223,5/hab./an kg de poubelles grises, soit plus d’un tiers. C’est un peu mieux qu’en 2017 (83 kg/hab./an), beaucoup mieux qu’en 2007 (125 kg/hab./an soit -34 %) [5], mais c’est encore trop.
Pourquoi agir dès maintenant ?
Déployer le compostage de proximité, c’est faire le choix d’une solution efficace, éprouvée, déjà adoptée par 19 millions de Français·es [6] et présentant un fort potentiel d’adhésion : 97% des personnes qui compostent sont satisfaites, et 75% des personnes ne compostant pas sont intéressées par un composteur partagé [7]
Les raisons de développer la prévention et la gestion de proximité sont nombreuses :
- Respecter l’obligation de généralisation du tri à la source et de valorisation des biodéchets prévue par la loi depuis le 1er janvier 2024, alors que la moitié des Français·es n’a pas encore accès à une solution ;
- Maîtriser les coûts du service public de gestion des déchets dans un contexte d’augmentation de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) liée à l’incinération et la mise en décharge ;
- Limiter l’empreinte climatique de la gestion des déchets : en détournant des matières organiques composées à 80% d’eau de l’incinération ou de la mise en décharge, en choisissant une solution sans transport lié à la collecte et en générant des matières à haut potentiel de stockage de carbone dans les sols ;
- Disposer d’une ressource précieuse pour les sols agricoles et des espaces verts urbains et ruraux, face à plusieurs enjeux : régénération des sols, préservation de la biodiversité, renaturation des villes et interdiction des engrais de synthèse au 1er janvier 2027 pour les usages non agricoles ;
Faire le choix de solutions simples et adaptables à une vraie ambition de réduction du gisement des biodéchets, notamment grâce à la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui coûte chaque année en moyenne 100€ à chaque habitant·e [8]
Des leviers d’actions à chaque échelon : communes, intercommunalités et syndicats de déchets
Les 15 et 22 mars, les élections concernent l’ensemble du bloc communal : municipalités et intercommunalités. Nous élisons les conseils communaux mais aussi indirectement les conseils communautaires et les futur·es élu-es des syndicats de déchets.
Nous appelons les candidat·es et élu· es à s’engager concrètement sur 5 axes :
- Définir une stratégie et des moyens ambitieux et cohérents, agir en concertation et transversalité
- Renforcer la prévention : réduire les quantités de déchets et favoriser le geste de tri
- Apporter des solutions pérennes de transformation et d’usage local des biodéchets
- Viser l’exemplarité de la collectivité
- Soutenir une économie vertueuse et créatrice de lien humain
🔎 Découvrez nos propositions clé en main pour les collectivités, également présentées dans le Manifeste
Même si la compétence collecte et traitement des déchets est majoritairement gérée par les intercommunalités ou les syndicats de déchets, la commune peut agir en activant de nombreux leviers, comme la sensibilisation, la gestion des espaces verts, les règles d’urbanisme ou encore la restauration scolaire. Les intercommunalités peuvent intégrer le sujet des biodéchets dans leurs stratégies climatiques ou alimentaires par exemple.
L’association Réseau Compost Citoyen, les 14 associations Réseau Compost Citoyen régionales et leurs adhérent·es sur les territoires se tiennent à disposition pour accompagner les communes, intercommunalités et syndicats de déchets dans la mise en œuvre d’actions.
La campagne du Réseau Compost Citoyen ne fait que commencer : citoyen·nes, candidat·es, élu·es, mobilisez-vous !
Chacun·e peut agir en faveur du tri et de la valorisation locale des biodéchets par le compostage.
👉 Candidat·es, intégrez à votre programme des mesures ambitieuses pour votre territoire !
👉 Elu·es, dès que possible, engagez-vous au service de vos administré·es pour un service public vertueux !
👉 Citoyen·nes, interpellez les listes candidates puis, après les élections, les élu·es de votre commune et de votre intercommunalité !
Relayez la campagne du Réseau Compost Citoyen, et exprimez-vous :
- Partagez notre Manifeste : version complète, version synthétique, document "Nos propositions"
- Imprimez et diffusez nos affiches
- Exprimez-vous sur vos priorités et l’enjeu du compostage de proximité sur la plateforme Mairie-me !
🔎 Retrouvez l’ensemble des ressources utiles dans notre kit de communication.
La campagne se poursuivra après les élections, par des actions de sensibilisation et de formation menées par le Réseau Compost Citoyen et les 14 associations Réseau Compost Citoyen régionales.
Contact :
Chloé Morel, chargée de plaidoyer, partenariats et mécénat. c.morel@reseaucompost.org
SOURCES :
[1] Manifeste du Réseau Compost Citoyen, Municipales 2026 - mettre le lien
[3] ADEME, 2025
[5] ADEME, 2017
[6] Estimation ADEME au 1er juillet 2025